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Autonomie (11) efficacité

L’efficacité doit être une préoccupation dès lors que l’on génère des substances potentiellement polluantes. Aujourd’hui, on a l’impression que seul le prix intervient dans la décision d’achat. « Je peux me l’offrir », « j’ai travaillé pour l’acquérir »… on se souvient du slogan de L’Oréal (« Parce que je le vaux bien ! »).

Je navigue entre deux écoles : soit il faut responsabiliser le consommateur, soit il faut réglementer le marché. Les « colibri » et écologistes cherchent à culpabiliser les pratiques de consommateurs insouciants. Je pense que cela n’est pas suffisant.

« Ce n’est pas le malfaiteur qu’il faut pendre, c’est celui qui le force à le devenir. » (Emile, Rousseau)

Aujourd’hui, la confusion règne. A ce demander même si cela n’est pas voulu ? On propose sur le marché des produits non vertueux écologiquement et l’on espère que la culpabilité du consommateur va le ré-freiner. Les pauvres sont doublement condamnés : non seulement ils ont accès à des produits moins qualitatifs, mais également plus polluant.  Tandis que les riches sont valorisés dans leurs actes d’achats responsables (magasins bio, voiture électrique…). Tout ceci est abjecte. D’autant plus que ce que l’on consacre comme « écologique » ne l’est que dans la bouche des médias et quelques spécialistes intéressés. Certaines études montrent par exemple que la voiture électrique devient plus écologique que son homologue à énergie fossile qu’au bout de 400 000 km !

En fait, le terme « écologique » a probablement plusieurs niveaux de lecture. De quoi parle t-on ? De la pollution à l’usage ? De la pollution à l’usage et à la fabrication ? De l’ensemble du cycle de vie d’un produit ? De l’ensemble des actions liées à ce produit ? En fait l’écologie est un terme qui fait naître un vertigineux raisonnement. Pour une voiture par exemple : il faut penser aux matière premières, à l’eau, à l’énergie lors de la fabrication, les métaux rares. Il faut également inclure l’énergie pour la mouvoir : l’électricité (qui n’est jamais propre : nucléaire / charbon / infrastructures d’énergies dites renouvelables) ou le pétrole (plus rarement le gaz et l’hydrogène). Mais doit-on compter les efforts militaires pour maintenir au moyen orient nos approvisionnements en pétrole ? Où doit-on s’arrêter ? Aux coûts des accidents de la route ? En fait, la liste des interdépendances peut se dérouler à l’infini. La modernité technologique est une formidable chaîne qui s’étend toujours un peu plus au grès des inventions.

Face à ce raisonnement inquiétant, la décroissance pourrait être une voix ? Peut-on déjà essayer d’améliorer l’efficacité écologique ? Cela consisterait à utiliser un produit manufacturé le plus longtemps possible avant d’en changer ? On nous force à renouveler sans cesse nos marchandises : si un habit a un trou, si un produit est un peu abîmé, vétuste ou simplement passé de mode ?

J’ai trouvé ces chiffres un peu vieux mais éloquents :

La durée de vie moyenne d’un ordinateur a chuté de 6 ans en 1997 à 2 ans en 2005. Un ordinateur de 24 kilos accompagné d’un écran 17 pouces nécessite 1,8 tonne de matériaux dont 240 kg d’énergie fossile (312 litres de pétrole environ), 22 kg de produits chimiques et 1500 litres d’eau (source : ONU). Prenez en compte que 80 % des composants viennent d’Asie et que la majorité des ordinateurs voyagent en avion (pour arriver plus vite : les clients sont pressés !), et vous pouvez rajouter 300 litres de carburant par ordinateur. Quelle est la proportion des éléments que nous consommons provenant de la filière du recyclage, toutes industries confondues :

  • Plomb : 72%
  • Aluminium : 49%
  • Or : 43%
  • Germanium : 35%
  • Nickel : 35%
  • Cuivre : 31%
  • Etain : 26%
  • Zinc : 26%
  • Chrome : 25%
  • Tantale : 20%
  • Gallium : 0%
  • Indium : 0%
  • Phosphore : 0%
  • Platine : 0%
  • Uranium : 0%

Pour ma part, j’essaye autant que possible de « faire durer » les choses. C’est cette paire de chaussure de sécurité qui m’a d’ailleurs inspiré cet article :

Jadis on était fier de la longévité des produits. Tout s’est inverser, les regards toisant devant tant de guenilles ont changé les usages. Il me semble que notre servitude à cette société de l’avoir est un véritable cancer. Comment peut-on se libérer ? Il faut inverser les valeurs, les schémas. A tous les niveaux, et pas seulement au niveau individuel.

Francis Cousin parle de l’écologie comme une imposture. La manière dont le terme est utilisé tous les jours par nos médias et politiciens lui donne raison. Le CO2, le réchauffement climatique, la voiture électrique sont autant d’émanations de ce matraquage écologique qui méprise le libre arbitre et l’intelligence. Les scientifiques sont malheureusement bien souvent complices. Un chercheur disait que s’il voulait trouver des fonds pour une étude sur le sommeil d’une marmotte il fallait l’intituler « Influence du réchauffement climatique sur le sommeil de la marmotte ». Cette parodie d’intelligence est bien ridicule et dérisoire ; mais aujourd’hui elle affame les peuples et nous enferme dans un matérialisme sans fin.

L’écologie – la vraie – ne serait-ce pas tout simplement de ne faire plus qu’un avec la nature ? Que toutes nos activités soient source de fertilité ? L’autonomie, c’est une révolution !

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