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Avocatier de Mèze

Voici l’avocatier de Mèze (ville au bord de l’étang de Thau dans l’Hérault), parti d’un noyau ramené lors d’un voyage à l’étranger. L’avocatier de Mèze fût mis en pot quelque temps puis planté en pleine terre en 1990 (après les hivers glacés du milieu des années 1980), il n’est pas contre un mûr. Il est situé dans la garrigue (domaine viticole) au milieu des vignes dans les hauteurs de Mèze en face un autre avocatier est planté mais gèle au niveau du haut d’un mûr. Il aurait résisté à du froid intense en 2012 sans doute en dessous de -5°C car il prend le vent de nord en parti (retour de courent d’air bien qu’il soit exposé au sud). Un bassin à poisson qui se trouve juste à côté a gelé plusieurs fois. Un membre de la  famille du propriétaire est d’origine Mexicaine, elle lui aura dit qu’il s’agît d’un arbre mexicola (cousin) car la peau se mange. Elle l’aurait reconnu tout de suite en croquant un fruit, une odeur légère de fenouil au niveau des feuilles.

L’arbre aurait plus de 30 ans et n’aurait produit qu’à l’âge de 20 ans (environ).

Voici l’avocatier après la vague de froid de février 2012 (« Température minimale entre -4° et -9° pendant 15 jours »), l’arbre fut défolié :

Merci à Alexandre C. et au propriétaire de ce beau jardin pour le témoignage ! Quels beaux fruits appétissants, ils ressemblent un peu au Fuca de Corse.

16 comments were added, add yours.

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  1. Paulo

    Magnifique bravo ! Merci Benoit pour cette article et Alexandre !

    • Paulo

      Pour cet article et ces photos*

  2. Paulo

    Magnifique bravo ! Merci Benoit pour cet article et Alexandre pour le travail et les photos !

  3. Alexandre

    En lisant certains récits j’ai cru comprendre qu’un semis survivant lors d’une vague de froid pouvait engendrer une nouvelle variété(mutation) plus résistante aux coups de froid du climat local ,qu’en pensez vous ?Un arbre d’avocat par exemple mort avec ses semis à côté de lui aurait donné des variétés rustiques comme celles que l’on montre au sud des états unis ,l’avocatier de Méze pourrait il donner ce genre de réponse suite aux coups de froids qu’il a subit en 2012 par exemple même s’il n’est pas mort ?L’adaptation par le semi sélectif avec une plantation plus au nord du nouveau semi comme il fût appliqué en URSS à une certaine époque pourrait elle donner des résultats positifs .

    • Lepanneur

      Je ne pense pas que le pied mère puisse muter ainsi !
      Je pense plutôt qu’il possède dès le départ une rusticité qui lui permet de survivre en France.
      Évidemment, le semis de ses noyaux peut transmettre cette rusticité, ou bien en donner une meilleure ; mais il se peut également que la rusticité des arbres issus de ces noyaux soit amoindrie !
      La semis est quasiment aléatoire (sauf dans les variétés stables comme le mexicola)

    • Alexandre

      Merci pour cette réponse .Pour l’arbre d’avocat de Vieussan par exemple qui ce situe par le plus grand des hasards dans un endroit que j’adore Roquebrun entre autre mais surtout Ceps (je vous conseille de le visiter c’est une merveille )j’ai discuté une fois avec le responsable du jardin médi (ou l’on trouve aussi un avocatier en pleine terre mais qui fait de la chlorose et pas qu’un peu)ou il ne gèle pratiquement jamais voir pas du tout ,les micros climats pullulent par la bas l’avocatier de Méze serait beaucoup plus exposés aux aléas climatiques bien que situé proche de la mer chez nous les oliviers ont tous gelés à une époque sauf en arrière pays les avants monts protèges et favorisent la formation de micro climats avec le relief (Gorges de l’Orb par exemple )mais aussi vers Lodéve (Clermont l’hérault par exemple , autour du lac du Salagou……etc ).

    • Benoit Vandangeon

      J’aurai tendance à penser que l’adaptation d’une espèce est un processus lent qui a besoin de plusieurs générations. On peut l’accélérer par la sélection, la multiplication accélérée (greffe, reproduction in vitro). On fonde beaucoup d’espoir sur l’épigénétique concept à la mode actuellement ; il est probable que ces changements soient légers…
      Pour étendre la zone de culture au nord, je pense que ce processus est empirique : on plante beaucoup d’individus, et l’on sélectionne ceux qui survivent.
      Quant aux micro-climats de l’Hérault, il me semble optimiste d’affirmer « il ne gèle pratiquement jamais voir pas du tout » dans certains coins abrités. Johan que l’on avait visité à Vieussan a subit du -6°C dans son jardin en janvier 2021 et l’avocatier Hass du bord de l’Orb est défolié, la reprise risque d’être difficile… Et l’hiver 2021 n’a pas été particulièrement sévère…

  4. Alexandre

    Pour cet hiver les -6 que nous avons eu n’étaient rien ,un pépiniériste local m’a dit qu’il avait fait -12 à sa pépinière et -8 dans le village non loin du nom de Lézignan la cébe(à côté de Pézenas 16 KM de chez moi) (je lui ai fait répéter plusieurs fois jusqu’à paraître très lourd ),tous ou presque les végétaux plus ou moins gélifs qu’il avait sous serre froide ont gelé j’ai pu voir les restes du carnage .Le lieux ou se situe les serres serait en plein courant de nord un lieux glacial mais cela prouve qu’il peut y avoir des différences incroyables d’un endroit à un autre .Des manguiers auraient aussi gelé en Espagne région de Murcia un vrai carnage il paraît .

    • Benoit Vandangeon

      Bonjour Alexandre,
      Je te rejoins parfaitement pour les microclimats. La mesure de température est un art compliqué. Demande à cinq individus de te donner la température d’une pièce : tu risques d’avoir cinq valeurs ! Il y avait un débat passionnant sur infoclimat sur l’attribution de record de chaleur (46°C à Vérargues). La prise de température est vraiment source de polémique ! Certains climato-réalistes pensent d’ailleurs que le réchauffement constaté dans l’hémisphère nord serait en partie dû au fait que les villes s’étendent et se rapprochent inexorablement des aérodromes/aéroports où sont souvent placés les stations météo.
      D’ailleurs, la station de Nîmes Courbessac comme la plupart des stations pose de nombreux problèmes : végétation environnante, bâtiment au nord…
      Pour revenir au jardin méditerranéen, j’aimerai bien savoir les conditions dans lesquelles ont été relevées les températures (proche d’un mur !).
      Un autre jardin clame sa douceur : Maria Serena +5°C !
      https://www.parcsetjardins.fr/jardins/934-jardin-de-la-villa-maria-serena

      Je n’ai pas trouvé d’info sur le net sur la casse des manguiers dans la région de Murcia. As-tu des données (températures ? type de dégâts)

  5. Tropico66

    Bonjour,
    Merci pour cet article sur les avocatiers. J’en fait germer chez moi en « pleine terre » depuis presque quatre ans et me retrouve aujourd’hui avec une quantité de petits arbres à plus savoir quoi en faire, j’en offre à mes voisins ! J’ai pu observer que sous notre climat au démarrage ils ont une croissance d’environ 1 mètre par an et passent très bien l’hiver dehors, je me retrouve avec 4 jolis spécimens qui aujourd’hui mesurent entre 3 et 4 mètres.

    • Benoit Vandangeon

      Bonjour Tropico66,
      Je suppose que tu sèmes des graines d’avocats du commerce, donc à 90% de chance que ce soit des hass (peau granuleuse). C’est une variété un peu frileuse qui supporte jusqu’à -3°C. Dans ton coin, je suppose que ça n’arrive pas tous les jours .
      Déjà ils ont supporté février 2018, c’est bon signe même si chez vous cela n’a pas beaucoup gelé en 2018.
      Il faut toutefois garder en mémoire que le minima de la station de Perpignan Rivesaltes (qui enregistre les températures depuis plus d’un siècle) est de -11°C.

  6. Tropico66

    Bonjour Benoit,
    Ceux sont des avocats cultivés de manière naturelle dans la région de Grenade, j’ai semé des Hass, des Fuerte et des Bacon. Pour l’instant je pense que c’est les Fuerte qui germent le mieux. J’en ai un grand avec des feuilles d’un vert plus sombre et un peu dentelées sur les bords qui est différent. Dans le coin ceux sont tous des Fuerte la variété Espagnole si je me trompe pas. Au niveau des températures la côte Vermeille est très différente de la pleine comme à Rivesaltes par exemple, nous avons la tempérance de la mer plus marquée dans nos vallées encaissées un peu comme la costa tropical à Nerja. Depuis l’hiver 2018 on a du descendre au plus bas à -2°c environ. Je vais faire attention tout de même !

    • Benoit Vandangeon

      Le fuerte est une variété originaire de Californie, il supporte jusqu’à -4°C. Donc tu as de la marge ! Il a été peu à peu négligé au profit du hass en partie à cause de sa productivité moindre. Pour bien féconder, il a besoin de températures nocturnes élevées.
      Je suis impressionné par les pousses annuelles. Ici par manque d’eau ils poussent de 15 cm par an…
      Les avocats obtenus par semis diffèrent de ceux produits par la plante mère. Mais généralement c’est une bonne surprise : un avocat qui a mûrit sur l’arbre, c’est toujours un délice ! As tu des fleurs ?

  7. Tropico66

    Bonjour Benoit,
    Merci pour toutes ces informations 🙂
    En ce moment ils sont entrain de repartir à fond avec le redoux. Mes avocatiers même les plus grands ont pas encore fait de fleurs jusqu’à présent, à presque 3 ans pour les plus âgés est-ce normal ? Il ne fait jamais -4°c ici, il faut remonter au gel de 1956 pour avoir une température aussi basse, d’ailleurs petite information supplémentaire pour étayer nos précédents propos sur le gel de -11°c à Rivesaltes dont tu m’as parlé et de la tempérance de la mer dans nos vallées sur la côte vermeille. Mercredi 7 avril au matin, dans la pleine à côté de Rivesaltes, exactement Estagel et Latour-de-France, il a été enregistré un gel tardif de -5°C avec des conséquences dévastatrices sur les vignes, et bien ici à Banyuls-sur-Mer à peine 50km au sud la température ce même mercredi matin affichait +3°c en front de mer.