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Des fèves en janvier ?

En janvier dernier, j’étais frappé en voyant sur les marchés de Menton et Vintimille des fèves. Sur la riviera italienne où il y a encore des terres cultivés (tandis que les villas côté Français ne laissent aucune place à l’agriculture professionnelle). Certains jardins étaient couverts de fèves en janvier ! On dit souvent de semer en climat doux les fèves en automne, ainsi on gagne quelques précieuses semaines en fin d’hiver lors de la reprise. Mais là, entre Menton et Vintimille c’est différent ! Les fèves donnent en janvier. Il faut dire qu’il s’agit – sans le moindre doute je pense – de l’endroit le plus doux de France métropolitaine ! Le thermomètre est aussi régulier qu’un métronome. Il faut pour s’en convaincre consulter le thermomètre à tambour du parc Val Rahmeh. A 6 heures du matin la minima est atteinte et les températures remontent avec le vent marin. Aucun gel ou si peu. Certains prétendent que sous la falaise de Garavan il n’a pas gelé au XXème siècle. Je suis un peu réservé sur cette affirmation qui me semble contradictoire avec les témoignages de neige qui serait restée plusieurs jours de suite. Toujours est-il qu’il est préférable en terme de climat de se fonder sur des observations officielles. Malheureusement les données de la station météo de Menton semblent confidentielles. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’entre Cannes et Menton : plus on va vers l’est et plus les températures sont favorables à l’acclimatation de plantes tropicales. Nice a des températures hivernales bien plus clémentes que celles de Cannes. St Jean Cap Ferrat est encore plus favorable. Monaco est plus doux puisque la minimale extrème est de -4 °C (depuis l’existance de la station météo « Monaco Ville » *). Menton, grâce au mon Agel et aux falaises de Garavan qui s’abîment dans la méditerranée les conditions sont optimales. Les gels ne constituent pas un motif d’inquiétude pour l’amateur d’acclimatations.

La moyenne des minima de janvier est de 8°C (contre 5.3°C à Nice). Ainsi certains légumes peuvent continuer de croître. Nous sommes habitués à trouver sur les étals des super marchés des fèves et petits pois importés du Maroc à cette époque de l’année. Mais la riviera française pourrait également en fournir !

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Cette année j’ai planté mes petits pois tardivement, et la récolte rattrapée par les chaleurs de juin a été mauvaise. J’ai voulu à la mi-août  retenter l’expérience avec comme objectif une récolte fin octobre-début novembre. En effet , le mois de novembre nîmois ressemble à celui de janvier à Menton (6.5°C pour la moyenne des minima, et 14.5°C pour les maxima). Malheureusement je n’avais pas gardé de fèves et de petits pois de la récolte précédente. J’ai du acheter mes semences en jardinerie (car les supermarchés ne vendent pas de graines pour le potager à cette période). Elles ont très bien levées car je les ai planté juste après les pluies du 13 août 2015 (21.6 mm). Je suis un peu perplexe quant aux calendrier lunaire, en revanche dans ma garrigue sèche planter avant ou après une grosse pluie est un gage de reprise ou de germination ! Je pratique une méthode « hybride » inspiré par différentes sources : la permaculture et mes observations. Ce printemps, j’ai été très déçu par les performances du paillis d’herbe sèche. Les plantes – à part le topinambour – ont eu du mal à percer le mulch. Cet été j’ai vraiment dégagé des petits trous où j’ai semé. Double avantage : j’arrose uniquement dans les trous et la plante n’a pas d’obstacle dans sa progression. En revanche, le paillis permet de lutter contre les « mauvaises herbes » même si ce n’est pas miraculeux. Je ne retourne pas ma terre en revanche. J’ai planté des petits pois autour des agrumes, influencé par la propriété des légumineuses à fixer l’azote.

Je suis bien curieux de voir comment cette culture va se développer, car c’est inhabituel de semer ces fabacées à cette époque. Je vous tiendrai informé.

http://www.mherrera.org/temp.htm

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