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L’autonomie (4) L’efficacité agricole

Le jardin est un endroit où je fais des expériences. Et après chaque aléas (grêle, sécheresse, gel, feu, sanglier…), je respire un grand coup et je me rassure en me disant que je peux compter sur les fruits et légumes du commerce… Les conditions de culture sont primordiales : quand elles ne sont pas optimales la récolte est faible voir nulle ! Je me souviens de mon jardin au bord du Tarn qui permettait d’avoir facilement de bons rendements. J’ai aussi lu des témoignages d’arbres remarquables produisant chaque année une tonne de pommes ou de poires ! Dans le Tarn et Garonne la moyenne de rendement des vergers de pommiers est de 60 tonnes à l’hectare.

L’efficacité est au cœur du principe d’autonomie. Dans ses exposés, Marc Bonfils comparait les rendements (de blé) obtenus avec ses méthodes alternatives (inspirées de la permaculture) à ceux du conventionnel. Les rendements étaient souvent inférieurs mais pas ridicules. Il avait une vision pragmatique et dressait un bilan réaliste sans tenir compte des intrants très difficiles à comptabiliser. En effet, pour l’agriculture conventionnelle comment intégrer le coût des tracteurs, de leur conception, de la recherche, du carburant, des guerres dans le golfe pour « défendre » nos approvisionnements énergétiques (!) ? Imaginez les dépenses liées à la fabrication d’un supertanker ! Il est impossible d’estimer précisément ces coûts !

L’efficacité c’est aussi une notion qui se concentre sur les résultats. Bien sûr, le plus important est la quantité de produits comestibles produite. La production de biomasse (souvent comptabilisée en permaculture) reste intéressante et significative en terme de calories ; elle joue surtout un rôle pour la résilience en restituant au sol la matière organique synthétisée.

La nature est vraiment un laboratoire extraordinaire. Pour être efficace, il ne faut oublier aucun paramètre, sinon adieu les récoltes. Mais lorsque tout est réuni, c’est une véritable abondance !

Donc pour être autonome, un pommier qui produit 1 tonne de fruit est bien plus efficace qu’une centaine de pommiers improductifs. Si l’on ne veut rien laisser au hasard et subvenir à ses besoins, l’efficacité doit être au centre de nos préoccupations. Il faut comprendre comment rendre fertile la terre et offrir à nos arbres fruitiers les meilleures conditions.

(La photo : association de melon et d’arachide)

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