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Produire !

C’est la fin de l’année et le temps du bilan. Un jardin, c’est bien sûr un plaisir difficile à quantifier. Nous allons laisser de côté la poésie (« Elle ne pratique pas notre jugement, elle le ravit et le ravage » Montaigne). Je ne peux comptabiliser facilement la biomasse produite, et ce n’est pas non plus mon objectif. Donc concentrons nous sur l’essentiel : ce qui peut être mangé !

Fruits oléagineux :
– probablement 50 kg d’Olives dont 75% sont infectés par le vers de l’olivier
– Amandes 3-4 kg dont 50% consommées par les écureuils

Fruits :
– 3 kakis petits (dont 2 piqués par les oiseaux)
– 10-20 kg de figues dont 90% de petites blanches et 10% de noires
– 60 (oui !) cerises Blanchard, 3-4 cerises Coeur de Pigeon
– 500 gr d’arbouse
– 1 kg de mandarines
– 1 kg de kumquat
– 800 gr d’organges
– 2 kg de citrons
– 2 minuscules pommes

Légumes Fruits :
– 4 kg de tomates
– 4 kg de physalis

Légumes :
– patate douces (pas encore ramassées)
– topinambour (pas encore ramassées, je mise sur environ 2 kg)
– fèves et petit pois : moins que ce qui a été semé !
– épinard, salade quantité négligeable car très faible développement
– 500 gr de concombre
– 1kg de carotte
– 2 kg de pourpier spontané

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Inutile de tourner autour du pot : le bilan est ridicule, tout juste digne d’un néorural enthousiaste. Or de par mon observation et mes origines (élevé à la campagne), je sais que la nature peut être productrice ! Lorsque je vois que ma douzaine de plans de tomates produisent moins qu’un pied de tomate de mon père, je ne peux me satisfaire du résultat. Idem pour les amandiers : la production de mes trois arbres ne représente pas plus du tiers d’un arbre entretenu dans un verger. Finalement, ce sont les jeunes agrumes et mon figuier blanc qui sont les moins ridicules (en effet même si les olives représentent un bon poids global, rapporté au nombre d’arbres – une centaine – cela est maigre) !

Je pense qu’un premier constat s’impose : les plantes ont besoin d’être nourries. Une plante stressée (stress hydrique ou manque de « nutriments ») ne pousse pas et ne développe pas ses fruits ! J’ai fait l’expérience sur deux néfliers issus de semis (planté au même moment) : l’un d’entre eux a été arrosé régulièrement, tandis que l’autre en a eu de l’eau sporadiquement. Le premier mesure 1,10 m; l’autre culmine à 40 cm. Le premier a probablement 5 à 6 fois plus de biomasse. En revanche cet exemple n’est pas probant au niveau des fruits, car ni l’un ni l’autre n’a encore fleuri… Cette observation a été également faite à propos des tomates.

Comment éviter le stress hydrique ?

La permaculture répond au problème de l’eau de différentes manières : l’ombre (par des ombrières, des plantes pionnières…), le paillage, la vie du sol, la diversification des espèces, etc. Je dois vous avouer qu’en milieu aride et en condition de permaculture, je n’ai pas encore vu de vidéos montrant des plantes en bonne santé. Je vois souvent des tiges frêles cherchant désespérant la lumière et portant quelques rares fruits. De l’aveu d’un  jardinier – pourtant adepte des principes de permaculture – l’arrosage est obligatoire pour obtenir une production significative.

J’essaye autant se faire ce peu de m’inspirer de méthodes qui ont fait leurs preuves. J’ai vu les conséquences des températures caniculaires couplées à du vent sur des pieds de tomate ! Je vais l’année prochaine continuer les expérimentations (BRF, engrais vert, paillage) mais également perfectionner mon arrosage.

Je prévois de construire un bassin pour stocker l’eau de pluie tombant sur mon toit et ma terrasse. Compte tenu de la superficie (80 m2) et des précipitations de Nîmes (env. 760 mm/an), je peux escompter jusqu’à 60 000 litres. Il faut bien sûr soustraire l’évaporation et l’infiltration. Mais même la moitié serait largement suffisant pour arroser en été lorsqu’il n’y a pas de pluie !

En revanche, je ne sais pas si j’aurai le temps de terminer ce chantier avant les pluies du printemps pour le remplir…

Comment enrichir la terre ?

Je vais continuer mon paillage bien que les résultats ne soient pas à la hauteur de mes attentes. J’ai un tas de composte que je vais également répandre car il doit être « mûr ». Le BRF, les engrais verts sont également de la partie. La cendre de mon poêle et le contenu de mes toilettes sèches devraient également jouer un rôle.

Pour quel but ?

Je suis un peu comme Idefix ! Depuis tout jeune, je rêve d’être autonome. Je ne vois pas cela comme un nécessaire replis sur soi. Au contraire : il est plus facile d’être généreux et ouvert si l’on n’est pas soi même en manque ou dépendant. On peut me rétorquer que les riches ne sont pas les plus généreux. Je pense que c’est en partie du au fait que l’argent contrairement aux stocks de fruits naturels  n’est pas périssable. Du coup, on peut amasser une grande quantité d’argent, alors que pour les fruits au bout d’un moment cela pourrit.

Je vais essayer progressivement – en commençant par les mois d’été – à me nourrir exclusivement de mon jardin ou des échanges. Puis je vais m’attaquer à réduire ma dépendance les mois moins favorables.

Je ne sais pas si je suis animé par les mêmes motivations que le survivalisme. En tout cas, je ne peux pas nier le fait que je n’ai pas une confiance absolue dans les chaines d’approvisionnement. Les flux tendus, le transport, les négociations, les spéculations font que le marché des fruits et légumes sont soumis à des lois pas toujours respectueuses de l’homme.

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1 commentaire a été rédigé, ajoutez le votre.

  1. Jean-Loup Charpentier

    Salut, pour le jardin chez moi ça fait 2 ans maintenant que l’on utilise toute sortes de matériaux pour pailler les cultures surtout paille mais aussi herbe de tonte, feuilles, tous les déchets de cuisine et du jardin y passent. Il te faut enrichir ton sol en utilisant tous les moyens dispo sur le site. Nous laissons en place une prairie fleurie naturelle que nous fauchons une a deux fois dans l’année pour faire du foin ou pour faire du paillage en plus du reste ça fait de la matière. Déjà au niveau des cultures ils faut les associer et les concentrer dans certaines zones pour optimiser les interventions. Le soucis si je comprend bien c’est la sécheresse, il faut donc trouver les meilleures variétés résistantes à ce paramètre et récupérer les graines chaque année pour avoir une plante de plus en plus adaptées au terrain. Pour faire un d’ombre s’en trop en faire il faut favoriser les fruitiers au feuillage léger (tels que le pécher) et les tailler régulièrement pour pas qu’ils prennent trop de place 🙂 et les mettre au dessus des cultures. Pour les plants de tomates on enterre également un peu la tige lors de la plantation ce qui augmente le volume du système racinaire et potentiellement la résistance à la sécheresse (plus relative en Normandie bien qu’avec de bon épisodes chauds cet été 🙂 ).