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Reproduction des végétaux, entre théorie et pratique

Le semis direct et semis transplanté

Avantages théoriques Inconvénients théoriques
– mode de reproduction naturel,
– un système racinaire complet,
– une forte capacité d’adaptation au milieu,
– une reproduction sexuée garante de diversité,
– économique,
– permet d’obtenir des plantes autonomes (pas ou peu de soin).
– souvent peu fidèle,
– mise à fruit longue,
– grande longévité.

En pratique, voici quelques retours d’expérience :
– faible taux de réussite lorsque réalisé sur place (0% sur l’asiminier par exemple),
– pendant les premières années la plante est minuscule et peut facilement être écrasée ou abîmée par des animaux,
– j’ai deux abricotiers de semis (mais transplantés) qui sont magnifiques, pas besoin d’arrosage (même en été 2017), ni de soin (taille…). Premières fleurs au bout de 6 ans.
– on dit que les grosses graines seraient plus fidèles que les petits pépins, affirmation à vérifier.
– les pommiers issus de semis font des pommes généralement petites mais délicieuses.
– la germination n’est pas toujours facile : stratification, température, humidité…

Dans le cas particulier de mon jardin, il me semble préférable de semer en pot puis de transplanter lorsque la plante fait au moins 50 cm. Pour deux raisons : premièrement lorsque la plante est suffisamment grande elle est moins souvent piétinée, d’autre part les semis au hasard sont difficiles à reconnaître. Si vous êtes aventurier et que vous avez beaucoup d’espace, il est possible de faire confiance au contenu de vos toilettes sèches pour semer naturellement et sans effort ! Attention cependant : vous risquez de n’avoir que des plantes à petites graines !

Bouture, marcottage

Avantages théoriques Inconvénients théoriques
– simple à réaliser,
– reproduction végétative fidèle au type,
– suivant les espèces bon taux de reprise,
– mise à fruit rapide,
– méthode très pratiquée en pépinière.
– conditions de reprises (hygrométrie élevée et chaleur),
– certaines espèces se bouturent pas ou difficilement,
– système racinaire médiocre
– « appauvrissement variétal »

Le bouturage consiste à mettre une branche au contact de la terre : au bout de quelques semaines des racines se forment et une plante nouvelle commence à croître. La bouture est largement pratiquée pour reproduire le figuier, le mûrier, la vigne… Le marcottage est une variante de la bouture dans la mesure où la tige que l’on met en terre n’est pas coupée : la plante « mère » alimente pendant le processus la tige. Certaines plantes aux branches basses marcottent naturellement. C’est le cas du figuier, de la vigne et du fraisier (stolons). Une fois le reprise avérée on affranchit la nouvelle plante en coupant le lien ! Chez certaines espèces des rejets au niveau des racines permettent également d’extraire de nouveaux sujets (par exemple : bananier, olivier, palmiers…).

Dans la pratique, la plante ainsi obtenue n’est pas aussi « solide » (surtout les premières années) que celles obtenues par semis. Dans mon jardin les figuiers issus de semis n’ont pas besoin d’arrosage, tandis que les boutures sont toujours assoiffées ! Notez que les agrumes se multiplient généralement bien comme cela, tout comme les grenadiers, tomates et physalis !

greffe et greffe sur sauvageon

Avantages théoriques Inconvénients théoriques
– reproduction végétative fidèle au type,
– mise à fruit rapide,
– utilisation d’un porte-greffe adapté au terrain,
– méthode très pratiquée en pépinière.
– apprentissage nécessaire,
– affinité entre porte-greffe et greffon requise
– durée de vie faible,
– « appauvrissement variétal »

La greffe est une technique de reproduction qui n’est pas utilisée par la nature. Il existe des cas de greffe spontanée mais ils sont très rares : des plantes de la même espèce qui poussent très proche et dont les branches vont se greffer par contact. La greffe est une technique de multiplication des végétaux qui est arrivée avec le développement de l’agriculture (« Des livres chinois d’agriculture et d’horticulture, qui remontent au-delà du XIe siècle avant notre ère, mentionnent le greffage des arbres fruitiers » A. Dastre Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 22, 1904).

Cette pratique favorite des pépiniéristes est décriée par les permaculteurs. Certains comparent les arbres greffés à des handicapés ! Pour ma part, je ne suis pas aussi sévère. L’arbre greffé se développe généralement très bien dans des conditions climatiques tempérées (sans sécheresse). En climat méditerranéen, l’arbre greffé a besoin d’un arrosage pendant l’été. Faute de quoi ses chances de survie sont hypothéquées. On conseille pour la reprise de tailler sévèrement l’arbre. Cette astuce a le mérite de rétablir un certain équilibre entre la masse aérienne et celle sous terre. Attention cependant, il m’est arrivé de perdre des plantes comme cela, car les bourgeons surnuméraires sont parfois bien paresseux ! Une autre croyance souvent colportée nous amène à favoriser les petits sujets plus prompt à s’adapter à la transplantation. Je n’ai pas noté pour ma part que les petits sujets étaient plus vigoureux. Bien au contraire ! J’ai acheté de nombreux plaqueminiers chez les pépiniéristes présents à la fête de l’arbre de St Jean du Gard : je les ai tous perdus (un dizaine !). Tandis que ceux achetés en containers à Truffaut mesures aujourd’hui près de trois mètres !

Autre chose, la période de plantation idéale serait la St Catherine (ou selon le dicton « tout bois prend racine »). Ce n’est pas une vérité absolue. Les arbres en containers peuvent se planter n’importe quand (même en plein mois de juillet) et les sujets frileux préfèrent généralement débuter leur nouvelle vie au printemps, qu’à l’automne.

Bref, j’aurai des centaines d’observations à relater. Le principal étant d’être attentif, persévérant et curieux !  Essayez de voir ce qui marche bien dans les conditions de votre terrain. Ecoutez les conseils, mais pas trop, sinon vous aurez peur d’expérimenter. La chance ne sourit-elle pas aux audacieux ?

Mon objectif est d’obtenir des plantes affranchies, autonomes. Je ne souhaite pas devoir arroser Ad vitam æternam mes plantes ! Je regarde stupéfié les jardiniers qui arrosent de grands arbres. Ils favorisent des racines superficielles et le jour où ils n’auront plus d’eau, adieu les belles plantes ? Jadis les vergers ne bénéficiaient d’aucune chimie (dans le sol et dans les airs) ni d’irrigation artificielle. Je pense qu’il est tout à fait possible de conjuguer  efficacité et sobriété.

Dans les conditions particulières de mon terrain, je trouve qu’une des meilleures techniques de reproduction des végétaux est la greffe sur sauvageons.

NB les méthode de reproduction in vitro ne sont pas évoquées car d’une part je ne les connais pas bien, et d’autre part elles ne présente pas beaucoup d’intérêt pour l’amateur.

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  1. Charpentier jean-loup

    Super article 🙂 intéressant d’avoir des témoignages « réels ». Je suis tout a fait d’accord pour les semis en caisse puis transplantés. Je n’ai pas encore beaucoup d’expériences pour les semis mais j’ai mangé d’excellentes pêches en Isère que j’ai ressemé chez moi en Normandie. Résultat un pêcher a poussé il a deux ans de semis et les premières fleurs sont là ! Pour les plaqueminiers (et tout les arbres pivotant je pense) il n’aime pas être transplantés. On m’a offert plein de semis et seul un minuscule a résisté…