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Greffe de pistachier

Lorsque l’on essuie de nombreux échecs, la réussite est d’autant plus savoureuse !

Greffer des pistachiers térébinthe avec du pistachier vrai est un challenge qui me tient à cœur, car les térébinthes pullulent dans la garrigue et constituent le porte-greffe idéal ! Denis (Gavot dans le forum), est intervenu à plusieurs reprises dans mon jardin mais malheureusement aucune greffe n’avait prise. Il faut dire que les conditions ne sont pas simples, puisque cela se fait en pleine sècheresse !

Cette année, j’ai complètement changé de méthode : greffe de bois de l’année sur bois de l’année !
1. A la fin de l’automne, j’ai coupé les térébinthes à raz.
2. le 15 mai, j’ai sélectionné sur mon pistachier vrai (femelle Kerman) de beaux rameaux de l’année bien vigoureux.
3. Au niveau des porte-greffe, je n’ai utilisé que des térébinthes super vigoureux (avec des pousses >60 cm). Ils sont en pleine croissance et ont un potentiel de croissance jusqu’à fin juin.
4. Aussitôt, j’ai fait une première série de greffe en chip budding. Contrairement à d’habitude, j’ai recouvert le bourgeon de buddy tape. J’ai bien sûr supprimé tous les départs en dessous du point de greffe et réduit la voilure au dessus. J’ai fait en sorte qu’entre le prélèvement du greffon et la greffe se déroule le moins de temps possible.
5. J’ai protégé la greffe afin qu’elle ne soit pas exposée au soleil violent de la mi-journée.
6. J’ai régulièrement supprimé les pousses pouvant rentrer en concurrence. Compte tenu de la force du porte-greffe, les départs ont beaucoup d’ardeur, passer tous les trois jours n’est pas un luxe !
7. Moins d’un mois plus tard, j’ai déjà constaté une reprise bien vigoureuse :

Le pétiole est resté vert

8. Je protège le résultat, car la jeune pousse de pistachier peut attiser la convoitise de ravageurs…

Les autres greffes n’ont pas encore démarré, mais je pense que certaines peuvent encore prendre :

Pour réussir cette greffe délicate, je me suis basé sur les conseils de Denis ainsi que sur l’expérience de Maurice Chaudière*. Tanguy, un greffeur de Lodève m’avait dit que cette greffe était une question de « rythme » selon Maurice. En choisissant des pousses très vigoureuses qui ont un potentiel de développement même en conditions sèches, je m’assure ainsi une grande disponibilité de sève.

Mon seul regret est de ne pas disposer de suffisamment de greffon pour reproduire cette opération sur tous les térébinthes du Mazet ! Une chose que je devrais améliorer également : j’ai remarqué qu’avec la lame carbone de mon Opinel, je laissais une trace noire sur le « bourgeon-greffon ». Je pense que je vais me perfectionner encore !

N’hésitez pas à commenter, apporter des conseils, rapporter vos expériences…

*Voici une conférence de Maurice Chaudière :

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