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Greffe : réussites et échecs

le timing
Pour la greffe de printemps à œil poussant, il faut veiller à respecter un certain « rythme ». Le porte greffe doit être en avance par rapport au greffon. Idéalement, l’hôte doit commencer à débourrer, tandis que le « chip » est encore en repos végétatif. J’ai assez bien respecté ce critère, même si certains porte-greffe étaient en retard par rapport aux plus précoce. Cela n’a donc pas été un facteur d’échec.
Pour la greffe de cerisier Blanchard (très précoce), j’ai dû prélever fin janvier un rameau. Il a été maintenu dans un sac plastique au nord d’un mur. J’ai greffé un cerisier qui avait crevé et qui avait rejeté au niveau du porte-greffe. J’ai réalisé l’opération fin février. Pour le moment, rien ne semble indiquer que la greffe a échoué.

L’état du porte-greffe
En plus du timing d’autres critères rentrent en jeu…
– La santé du porte-greffe : est-il chétif, attaqué, rongé ?
– Son diamètre, est-il suffisant, trop important ?
– l’âge de la section greffée : bois de l’année dernière, pousse d’août ? bois de deux ans ?
L’état de santé est primordiale, la greffe constitue un traumatisme pour la plante. Si elle est déjà en mauvais état la reprise sera d’autant plus laborieuse.

Le diamètre est en fait surtout un critère qui vient solliciter la dextérité du greffeur. J’ai greffé avec succès des sections jusqu’à 2,5 mm. En dessous, il s’agit de micro-greffe vraiment difficiles à pratiquer. Les gros diamètres sont plus simples, mais le taux de réussite n’est pas excellent pour autant. Ensuite plus l’âge est avancé (bois de deux ans) plus rare sont les réussites (le vieux bois coïncide mal avec les couches du jeune « chip ») .

Le greffon
Il s’agit d’un facteur primordial. Pour une greffe en chip budding, il faut vraiment privilégier les boutons à bois. Avec les boutons floraux, je n’ai que des échecs . L’état du bourgeon est la clef : si il est atrophié, noir, fragile… Vos chances de réussites sont hypothéquées. Sur des greffons prélevés dans mon jardin avec un état de fraîcheur optimal, extraits de branches bien vigoureuses (par exemple poussant à la verticale, avec un espacement entre bourgeons assez important) je frôle le 100% de réussite. Sur une branche reçue par la poste et des bourgeons un peu noircis, à l’inverse rien ne prend.

La qualité de l’opération
On imagine bien que la précision de l’assemblage est un facteur limitant. Comment la greffe pourrait-elle prendre si les tissus ne sont pas en contact ? Il faut des outils bien tranchants pour effectuer une découpe nette sans filament qui viendrait perturber la soudure. Il faut également bien nouer l’ensemble : si l’air passe entre le porte-greffe et le greffon l’ensemble va se de-sécher et empêcher toute soudure. Au besoin, englobez le bourgeon sous un tour de ruban buddy tape ! Le bourgeon est capable de le percer.

Sur cette photo on voit un jour qui empêche une bonne cicatrisation :

Ici, en haut, le chip se décolle…

Supprimer la végétation concurrente
Il s’agit d’un facteur qui encourage la reprise, mais il n’est pas limitant : j’ai réussi de nombreuses greffes sans supprimer les bourgeons du porte-greffe. Cependant, lorsqu’il s’agit d’une reprise chétive et lente, éliminer la concurrence et concentrer l’énergie dans la cicatrisation est souvent un très bon allié. Cette action a un rôle de catalyseur.

Le cas des agrumes
J’ai greffé en extérieur des mandarines Keraji sur des porte-greffe de Calamondin. On conseille chez les agrumes de privilégier la fin du printemps, voir l’été pour réaliser la greffe. Au mois de février mes chances sont moindre. J’ai cependant eu des conditions climatiques favorables. L’absence de gelées pour les arbre à feuille persistante est souvent apprécié. Une des greffes a manifestement pas pris, la soudure n’a pas eu lieu et le greffons arc-boute et se dé-sèche.

Les ravageurs
Certains animaux sont friands de bourgeons ! Dans la plupart des cas la greffe ne s’en remettra pas ; cependant il arrive qu’un bourgeon surnuméraire apparaisse !

L’affinité
Certaines espèces ont une faible affinité, c’est ici le cas : la reine-Claude sur un amandier.

Le climat
Pour les espèces caduques la gelée n’est pas un phénomène négatif. L’année dernière j’ai greffé mi-février. Les fortes gelées (env. -9°C) de la fin du mois de février 2018 n’ont pas empêché le reprise.

Quand sait-on si la greffe est réussie ?
Certaines associations ne tiennent pas dans le temps et au bout de quelques années la greffe est rejetée. Excepté ces cas, on peut dire que la greffe est une réussite lorsqu’une végétation significative (c’est à dire au delà de l’effet « verre d’eau ») est apparue. Généralement au bout de deux, trois mois on est fixé. Il m’est arrivé d’avoir de très belles pousse l’année de la greffe, mais que l’année suivante ces pousses sèchent. J’ai du à nouveau greffer !

Soyez patient pour certaines espèces sont plus lentes à prendre que d’autres (plaqueminier). Pour la greffe à œil dormant, il faudra attendre le printemps prochain, la patiente doit être la vertu du jardinier !

Faire plusieurs greffe par arbre
C’est effectivement ce que je fais le plus souvent. Cela me permet d’augmenter mes chances. Je garde souvent toutes les pousses qui ont réussies. Cela me permet également d’identifier les sources d’échec. Si je greffe avec des greffons périmés : je m’aperçois que peu importe le porte-greffe, toutes les greffes faites avec un tel matériel végétal aura échoué !

Voici quelques photo en vrac :

 

 

 

 

 

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