Un verger… un goût d’Eden ?

Hier, le jardin de la villa Hanbury avait un petit air de Fruit and Spice park ! Ce verger situé à Homestead au sud ouest de Miami, est unique au monde s’étendant sur environ 15 hectares. Fondé en 1944 par Mary Cason et développé avec l’aide de l’horticulteur Fred Barre, ce parc municipal est entièrement dédié à la préservation et à la mise en valeur des arbres fruitiers, des plantes à épices et des espèces botaniques utiles issues des régions tropicales et subtropicales de la planète. Il abrite plus de 500 variétés d’arbres fruitiers, de noix et d’épices venus d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Océanie. On y trouve une diversité impressionnante de manguiers, d’avocatiers, de sapotacées, de sapindacées (longan, litchi), d’agrumes rares, de jaquiers.

L’une des particularités les plus célèbres du parc réside dans sa règle de visite : il est interdit de cueillir les fruits directement sur les arbres, mais les visiteurs sont vivement encouragés à ramasser et à goûter tous les fruits tombés naturellement au sol. Le centre d’accueil propose également des dégustations guidées de fruits de saison récoltés sur place.

A la villa Hanbury, les fruitiers exotiques sont forts rares et peu productifs. Heureusement, ma visite d’hier était au bon « timing » ! Dovyalis et Sapotes blanches étaient mûres. Cueillir des fruits par terre nous semble sale et inapproprié, mais il s’agit peut-être de l’action la plus naturelle qui soit. Un arbre fruitier sauvage et non taillé ne donne pas d’autre choix que de ramasser les fruits au sol. Même les oiseaux qui peuvent picorer des fruits sur la cime de l’arbre ne rechignent pas à grapiller les fruits tombés par terre ! Le sol nous semble sale : on y jête nos déchets, les animaux domestiques y font leurs besoins. Si à cela on ajoute le fait qu’un fruit tombé se décompose rapidement, ramasser une telle souillure nous dégoute. Pourtant le fruit à l’instant où il tombe a atteint un stade de maturité parfait : la plante a tout donné comme sucres, nutriments… De plus, la proportion de tanins et autres substances difficiles à digérer deviennent faibles à ce stade. En boudant les fruits qui jonchent le sol, on se prive d’un fruit que mon ami Joris surnomme le « fruit parfait ».

Les dovyalis
Il y en avait partout, sous l’arbre, ruisselant le longs des allées, il fallait faire attention à ne pas écraser ces petites boules jaunes ! De la taille d’une cerise à celle d’un abricot ce fruit africain n’a pratiquement pas bénéficié de sélection. Cet arbre probablement planté au XIXème siècle à la villa Hanbury produit des fruits « sauvages ». La saveur est assez acide et légèrement déplaisante pour mon palais. Toutefois on est pas loin d’un bon fruits, c’est frustrant et rageant ! Je comprends le plein potentiel d’une sélection fruitière : Marta a un cultivar particulièrement gouteux dans son jardin !

Les casimiroa
J’avais hâte de gouter aux sapotes blanches de cet arbre âgé de 150 ans. Il produit des fruits de formes et de calibres très divers, en revanche ils sont tous parthénocarpiques et leur chair est bien jaune. La encore les fruits tombent au sol à maturité. Mais les animaux en raffolent tant qu’il y en a pas beaucoup ! Les fruits les plus mûrs sont très sucrés mais manquent de complexité, les fruits fraîchement tombés sont plus fermes, nourrissants, et troquent un peu de leur sucre pour plus de parfum. J’adore ce fruit ! Une très légère amertume vient compléter le profil gustatif. Une merveille ! J’ai de la chance que tout le monde ignore ce fruit : je n’ai pas de concurrence !

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