Après la vague de froid de février 2021, je m’étais intéressé à cette espèce surprenante. Le « cold blast » avait plongé la région de Dallas dans un froid polaire inhabituel. Voici quelques données pour apprécier l’intensité de cet évènement :
– Température minimale record : Le thermomètre est descendu à -19 °C (-2 °F) à l’aéroport DFW le 16 février. C’était la température la plus basse enregistrée dans la région depuis 1930.
– Ressenti glacial : Avec les rafales de vent, le ressenti (wind chill) est tombé entre -23 °C et -26 °C.Gel ininterrompu : La température est restée sous le point de congélation (0 °C) pendant près de 295 heures consécutives (soit plus de 12 jours d’affilée), un record absolu pour le nord du Texas.
– Températures maximales extrêmement basses : Même en pleine journée, le mercure ne dépassait pas les -10 °C à -12 °C au plus fort de la crise.
Cet épisode a provoqué l’effondrement du réseau électrique texan (ERCOT), laissant des millions d’habitants sans chauffage pendant plusieurs jours par des températures négatives (les serres sont devenues par la force des choses souvent passives).
Un casimiroa a miraculeusement survécu et je me suis efforcé à en obtenir des graines. Malheureusement, l’arbre en question n’a pas fleurit cet année là et ce n’est qu’en septembre 2022 que j’ai reçu les premières graines que j’ai fait germé et que j’ai partagé avec des passionnés.
Henri a probablement l’exemplaire le plus vigoureux, mais les autres passionnés à mon grand regret ont très peu paratagé leurs observations sur ce casimiroa rustique. Je sais juste de Jean François qui a visité ce jardin dans le Texas a perdu un pied par -7°C en Ardèche. Il est donc fort possible que sa rusticité ne s’exprime complètement qu’une fois bien installé.
Si je reparle de cette espèce aujourd’hui, c’est que l’on m’a gentiment proposé de participer à une commande groupée. Mais la pépinière ne l’identifie plus comme Casimiroa pringlei, mais en Casimiroa greggii. Les deux espèces sont assez proches. Greggi forme un arbre de 4 à 8 m dans son aire de distribution (Nouveau Leon / Texas). Cette identification me semble effectivement plus conforme au faibles informations disponibles et confirme ce que m’avait indique Lancelot de la pépinière Pépins Perdus.

Le spécimen d’Henri a déjà fleurit, et j’aimerai bien savoir s’il a déjà noué ! Les miens installés au Mazet supportent bien les conditions que ce soit les pointes de froid ou la canicule estivale. Il faut dire que le climat nîmois qui semble abominable pour un français est très tempéré lorsqu’on le compare à celui du Texas !

J’avais de grands projets pour cette espèce : je voulais le croiser avec un casimiroa edulis pour obtenir des fruits nouveaux. Mais faute de temps et accaparé par les Deux Barmes, je n’ai pas poursuivit cette tâche. Mais de toute manière compte tenu de l’absence de floraison, je n’aurais sans doute pas pu faire grand chose.
La greffe de Casimiroa greggii (sous réserve de confirmation définitive) sur Choisya ternata tentée l’année dernière n’avait pas tenu malgré un démarrage timide. En revanche, sur semis de Casimiroa edulis cela semble prendre ! L’inverse serait interessé d’expérimenter afin de disposer d’un porte-greffe rustique pour le Casimiroa edulis un peu à l’image du poncirus pour les agrumes de bouche !





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